À l’occasion de chaque édition, Impressions d’Europe convie des auteurs et autrices d’un pays d’Europe à venir partager, le temps de quelques jours, leur regard singulier et sensible sur l’histoire de leur pays et le lien à la littérature contemporaine. Ces voix diverses sont autant de manières d’interroger le monde d’aujourd’hui. La liste des invités sera annoncée prochainement ; revenez bientôt la découvrir.
Isabela Figueiredo (1963)
Dernier titre paru : Un chien au milieu du chemin, traduit par Myriam Benarroch, Chandeigne & Lima, 2025.
Voix importante de la littérature portugaise contemporaine, Isabela Figueiredo est professeure de portugais, journaliste et romancière. Née à Maputo, elle arrive au Portugal en 1975, au moment de l’indépendance du Mozambique, en tant que rapatriée. Elle publie en 2009 Caderno de Memórias Coloniais (Carnet de mémoires coloniales) où elle revient sur son enfance et confronte l’histoire familiale au passé colonial portugais. Ce livre coup de poing, qui brise certains tabous, a reçu le Prix des lecteurs 2022 du Festival des littératures européennes de Cognac, et a été adapté cette année chez l’éditeur Caminho en roman graphique, avec des dessins de Julia Barata.
Son roman La grosse (A Gorda), paru aux éditions Chandeigne & Lima en 2023, a obtenu le Prix Laure Bataillon de la meilleure œuvre traduite en 2024. Son troisième livre, Un chien au milieu du chemin, confirme la place qu’elle tient dans le panorama littéraire portugais.
Catarina Gomes (1975)
Dernier titre paru : Terres minuscules, traduit par Hélène Melo, Chandeigne & Lima, 2026.
Née à Lisbonne, Catarina Gomes est journaliste et romancière. Autrice de plusieurs récits documentaires, elle a publié en 2022 son premier roman, Terrinhas, traduit en France cette année, et a reçu le Prix de la révélation Agustina Bessa-Luís. Avec Pai, tiveste medo ? (Matéria-Prima Edições, 2014), elle abordait la manière dont les expériences des anciens soldats ont affecté la génération de leurs enfants. Puis elle a révélé, dans son enquête Furriel não é nome de pai (Tinta da China, 2018), l’histoire des enfants que des soldats portugais ont eus avec des femmes africaines pendant les guerres coloniales et qu’ils ont laissés en Afrique. Catarina Gomes a travaillé pendant près de 20 ans pour le quotidien Público, remportant certains des prix de journalisme portugais les plus prestigieux, dont le Gazeta. Elle a été deux fois finaliste du Prix Gabriel García Márquez de journalisme et s’est vu décerner le Prix du Roi d’Espagne pour le journalisme international.
Yves Léonard (1961)
Dernier titre paru : Otelo, la voix de la révolution des Œillets, Chandeigne & Lima, 2026.
Historien, Yves Léonard est l’auteur d’une Histoire du Portugal contemporain (Chandeigne & Lima, 2016) et d’une Histoire de la nation portugaise (Tallandier, 2022). Après Salazar, le dictateur énigmatique (Perrin, 2024), il a fait paraître cette année un essai consacré à Otelo Saraiva de Carvalho, l’une des grandes figures de la révolution du 25 avril 1974. Membre correspondant du Centre d’histoire de Sciences Po (CHSP) et de l’Institut d’histoire contemporaine (IHC, université nouvelle de Lisbonne), chercheur-associé à l’université de Rouen-Normandie (GRHis), il collabore à des médias en ligne comme Le Grand Continent.
Joanna Cameira Gomes (1987)
Vivant à Paris depuis 2007, Joanna Cameira Gomes a étudié à Sciences Po Paris puis les lettres et les arts à l’université Paris-Diderot où elle s’est notamment consacrée à l’étude de Fernando Pessoa, explorant Le Livre de l’Intranquillitéainsi que ses écrits sur le génie et la folie. Elle a travaillé pour le cinéma et le théâtre en tant que traductrice, avant d’enseigner le portugais et la traduction à l’université Sorbonne Nouvelle. Elle a participé à trois anthologies consacrées à Fernando Pessoa : Je(ux) (2014), Lisbonne revisitée (2023) et Gare à Salazar ! Écrits et poèmes sur la dictature (2025).
Ana Maria Torres (1989)
Dernier titre paru : Terra Fria, La Grange Batelière, 2022.
Luso-descendante, Ana Maria Torres a grandi entre Paris et le village de Santulhão. Traductrice littéraire et libraire spécialisée en littérature étrangère, elle codirige chez Chandeigne & Lima la collection « Brûle-Frontières », qui accueille des textes francophones contemporains consacrés aux situations d’entre-deux culturel et linguistique. Dans Terra Fria, elle rend hommage à la vie rurale et à la région de Trás-os-Montes. Se mêlent le destin et les souvenirs de Madalena et Marta, mère et fille. Se racontent la campagne, la récolte des olives, les fêtes votives, la roue des générations, l’exil et le retour. Une société en voie de disparition et figée, où les femmes se devaient se marier, avoir des enfants et obéir.
Cyril Pedrosa (1972)
Dernier titre paru : Nanbanjin, avec Taiyô Matsumoto, Dupuis, 2026.
C’est avec Les Cœurs solitaires (2006) que Cyril Pedrosa entame une carrière d’auteur complet avec des récits autofictionnels au graphisme « libéré ». Suivront notamment Trois Ombres, évoquant avec pudeur la mort d’un enfant du point de vue des parents (2007), Autobio, série humoristique sur l’écologie prépubliée dans Fluide glacial (2007-2009). En 2011 le roman graphique Portugal, récompensé par le Prix des Libraires de BD et le Prix de la BD Fnac, met en scène un auteur de bande dessinée en crise qui retrouve le sens de la vie en se rendant au Portugal, d’où sa famille est originaire. Pour Nanbanjin, inspiré du livre La Découverte du Japon (Chandeigne & Lima, 2017), Pedrosa a collaboré avec le mangaka japonais Taiyō Matsumoto : ils retracent, en deux tomes, l’arrivée des Portugais au Japon au 16ᵉ siècle, donnant à voir l’Histoire du point de vue occidental et japonais.
Madeleine Pereira (1997)
Dernier titre paru : Borboleta, éditions Sarbacane, 2024.
Née en 1997 en région parisienne, Madeleine Pereira vit à Angoulême. Diplômée de l’ESAL d’Épinal puis de l’EESI d’Angoulême, elle développe un travail au croisement du récit intime, de l’enquête documentaire et de la mémoire familiale. Dans Borboleta, elle enquête sur l’histoire de son père, arrivé en France en 1973, et explore à travers plusieurs témoignages la mémoire de l’émigration portugaise, la dictature salazariste et la transmission familiale.
Victor Pereira (1978)
Dernier titre paru : C’est le peuple qui commande. La Révolution des Œillets : 1974-1976, éditions du Détour, 2023.
Maître de conférences en histoire contemporaine à l’université de Pau et des Pays de l’Adour, Victor Pereira est chercheur à l’Institut d’histoire contemporaine de l’université nouvelle de Lisbonne. Il mène des recherches sur les migrations portugaises et sur l’histoire du XXᵉ siècle portugais. Membre des comités de rédaction de plusieurs revues scientifiques, il a collaboré avec le Musée national de l’histoire de l’immigration et participé à la conception d’expositions (Refuser la guerre coloniale, Paris, 2019 ; 1940 : l’exil pour la vie, Bordeaux, 2020-2021).
L’historien propose une vision renouvelée de la révolution des Œillets, trop souvent réduite à un coup d’État pacifique qui ne dura que quelques heures. Plus que le renversement d’une dictature par l’armée, cette révolution enclenche un profond bouleversement social et démocratique et signe la fin d’un empire colonial européen majeur.
José Vieira (1957)
Dernier titre paru : Souvenirs d’un futur radieux, Chandeigne & Lima, 2024.
José Vieira arrive en France au début des années 1960. Avec sa famille, il vit d’abord dans un bidonville à Massy, période qu’il raconte dans Souvenirs d’un futur radieux, qui a reçu le Prix Des racines et des mots de la littérature de l’exil. Étudiant travailleur à la fin des années 1970, il suit un cursus de sociologie et s’investit dans les mouvements pour l’égalité et contre le racisme. Il a réalisé une trentaine de documentaires, notamment pour France 2, France 3, la Cinquième et Arte, avec pour base de travail son expérience personnelle et les histoires individuelles liées à l’exil et l’immigration.